Macron reconnaît que Ali Boumendjel a été «torturé et assassiné » par l’armée française

Le président français, Emmanuel Macron, a reconnu, mardi 2 mars, que l’avocat et militant algérien Ali Boumendjel avait été « torturé et assassiné » par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. C’est ce qu’a indiqué l’Elysée dans un communiqué publié sur son site.

Emmanuel Macron a fait cette reconnaissance aux petits-enfants de Ali Boumedjel qu’il a reçus au palais de l’Elysée, ajoute la même source. « Aujourd’hui, le Président de la République a reçu au Palais de l’Elysée quatre des petits-enfants d’Ali Boumendjel pour leur dire, au nom de la France, ce que Malika Boumendjel aurait voulu entendre : Ali Boumendjel ne s’est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné », peut-on lire dans le communiqué en question.

L’Elysée a retracé, dans le même document, le parcours de combattant de Ali Boumendjel qui « s’engagea bientôt en politique, contre l’injustice du système colonial et pour l’indépendance de l’Algérie », est-il notamment écrit.

Paul Aussaresses s’est chargé de son exécution

« Au cœur de la Bataille d’Alger, il fut arrêté par l’armée française, placé au secret, torturé, puis assassiné le 23 mars 1957. Paul Aussaresses avoua lui-même avoir ordonné à l’un de ses subordonnés de le tuer et de maquiller le crime en suicide », révèle encore l’Elysée.

Cette reconnaissance fait partie des recommandations de l’historien Benjamin Stora, contenues dans son rapport remis au président français le 20 janvier dernier. « Conformément à la mission que le Président de la République lui avait confiée, Benjamin Stora a remis, le 20 janvier dernier, son rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie. Parmi ses préconisations figure la reconnaissance par la France de l’assassinat d’Ali Boumendjel, avocat et dirigeant politique du nationalisme algérien », précise en effet l’Elysée.

Un geste qui en appelle d’autres

Emmanuel Macron ne devrait pas en rester là. Il a exprimé aux petits-enfants de Ali Bmoumedjel « sa volonté de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années pour recueillir les témoignages et encourager le travail des historiens par l’ouverture des archives, afin de donner à toutes les familles des disparus, des deux côtés de la Méditerranée, les moyens de connaître la vérité. Ce travail sera prolongé et approfondi au cours des prochains mois, afin que nous puissions avancer vers l’apaisement et la réconciliation ».

Et d’affirmer qu’« aucun crime, aucune atrocité commise par quiconque pendant la Guerre d’Algérie ne peut être excusé ni occulté. Ils doivent être regardés avec courage et lucidité, dans l’absolu respect de toutes celles et ceux dont ils ont déchiré la vie et brisé le destin ».

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