Le chauffeur de Krim Belkacem relate une journée en Tunisie à la veille des accords d’Evian

Rejoignant les rangs de la révolution libératrice en 1955 dans la zone 5 de la wilaya I historique, le moudjahid Amar Guerram, né le 18 janvier 1925 à Oum El Bouaghi, se souvient avec fierté de l’engagement des hommes qui se sont sacrifiés pour recouvrer la dignité et l’indépendance du pays.

A la veille de la commémoration du 59ème anniversaire de la fête de la Victoire (19 mars), ce moudjahid à la mémoire vivace en dépit du poids des années, se rappelle encore de cette étape importante de l’histoire du pays, les accords d’Evian en l’occurrence (18 mars 1962), alors qu’il se trouvait en Tunisie avec pour mission de transporter les armes vers l’Algérie afin de soutenir la révolution de libération.

“J’étais le chauffeur personnel de Krim Belkacem et j’ai passé cinq ans et demi à ses côtés, et un jour alors que nous devions effectuer une visite d’inspection aux éléments de l’armée de libération nationale dans le mont Chaâmbi en territoire tunisien, avant de participer aux négociations d’Evian en qualité de ministre de la guerre (Défense) du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), il a ressenti des douleurs abdominales et je l’ai conduit à l’hôpital”, s’est remémoré M. Guerram.

Le lendemain, Guerram s’est rendu au chevet de Krim Belkacem pour m’enquérir de son état de santé, il l’informa qu’il devait “absolument” prendre part aux négociations et lui demanda de le conduire “immédiatement” à l’aéroport.

Krim répond à l’appel de la patrie en dépit de son grave état de santé

Poursuivant son témoignage, Amar Guerram affirme qu’il n’oubliera jamais le moment où Krim Belkacem allait monter dans l’avion alors que sa plaie saignait au point que des gouttelettes de sang en coulaient.

“Je lui ai apporté du coton et des médicaments et il a poursuivi son voyage”, a souligné Guerram, relevant que Krim Belkacem qui était “une personne exceptionnellement forte et résiliente” a effectué son voyage avec “courage et patience en supportant la douleur car pour lui l’Algérie passait avant tout”.

“Les négociations ont finalement eu lieu, aboutissant à l’accord du cessez-le-feu et la joie que nous avions partagé avec le peuple frère tunisien était grande”, a confié ce moudjahid, précisant avoir poursuivi sa mission en Tunisie en transportant notamment des algériens qui étaient incarcérés en France et libérés en vertu de ces accords, depuis l’aéroport de Tunis vers un hôtel.

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