En Algérie, le Président tente de reprendre le contrôle

À quelques jours de l’anniversaire du Hirak, Abdelmadjid Tebboune a voulu jouer la carte de l’apaisement avec une série de mesures qui ne désamorcera probablement pas la grogne populaire.

Quelles sont les annonces d’Abdelmadjid Tebboune ?

Jeudi 18 février 2021, le président algérien a annoncé la dissolution du Parlement, un remaniement du gouvernement et la libération de 55 à 60 détenus du Hirak (« mouvement » en arabe). Ces décisions interviennent à quelques jours du deuxième anniversaire du mouvement pour lequel les appels à manifester sont nombreux. Lundi 15 et mardi 16 février, des rassemblements ont déjà eu lieu à Kherrata au nord du pays.

Hospitalisé un mois en Allemagne pour des complications liées au Covid pour lequel il s’était déjà absenté longtemps à l’automne, Abdelmadjid Tebboune est rentré en Algérie le 12 février. Il a reçu depuis six formations politiques, dont des partis d’opposition, en vue de législatives anticipées. Le scrutin, qui aura lieu au plus tôt en juin, est le premier depuis le vote de la réforme de la constitution qui promet plus de pouvoir au Premier ministre et au Parlement.

Quelles sont les revendications du Hirak ?

Depuis le début, le Hirak exige un État civil, et non plus militaire, ainsi qu’une refonte des institutions. En février 2019, l’annonce d’Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis vingt ans, de briguer un cinquième mandat avait mis le feu aux poudres. Kherrata s’enflammera en premier, puis, six jours plus tard, la mobilisation devient nationale. Malgré la chute du Raïs en avril 2019, la rue ne désemplit pas. Tous les vendredis, les cortèges réclament l’État de droit, la liberté d’expression et celle de la presse. Le tout dans le respect du mot d’ordre silmiya (pacifique).

Pourquoi une grande partie des Algériens contestent le scrutin présidentiel de décembre 2019 ?

Les manifestants ont appelé à boycotter ce qui s’apparentait selon eux à une mascarade, les cinq candidats étant tous issus ou proches de l’ancien régime. Le Hirak exigeait également au préalable une assemblée constituante, comme cela s’est fait en Tunisie en 2011. Le 12 décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre de Bouteflika de 75 ans, est élu au premier tour. Dès le lendemain, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour contester ce résultat, obtenu avec 40 % de participation.

Les manifestants ont appelé à boycotter ce qui s’apparentait selon eux à une mascarade, les cinq candidats étant tous issus ou proches de l’ancien régime. Le Hirak exigeait également au préalable une assemblée constituante, comme cela s’est fait en Tunisie en 2011. Le 12 décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre de Bouteflika de 75 ans, est élu au premier tour. Dès le lendemain, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour contester ce résultat, obtenu avec 40 % de participation.

Source : Ouest France

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